L’unicité de la convoitée

Quand on flirt avec le célibat, on entre dans un monde de questionnements ingrats. Pourquoi ne m’écrit-il plus? Pourquoi ne s’implique-t-il pas plus? Pourquoi il continue de chercher ailleurs? Pourquoi ses gestes ne suivent pas ses paroles? Pourquoi traîner? Pourquoi est-il en ligne et ne me répond pas? Pourquoi il mets 2 jours à me répondre?

J’avais cette discussion dernièrement sur la différence entre les femmes et les hommes sur les réseaux et j’ai réalisé une chose. Les femmes sont sollicitées et les hommes sont dans l’attente d’être choisi. Nous ne choisissons pas. Nous ne répondons pas à tous non plus. Une femme aime se sentir unique. Une femme aime se sentir désirée. C’est la qualité de l’entretien qui change la qualité de la relation.  Les « Allo. Comment ça va? T’as passé une bonne journée? » échelonnés sur 5 jours… Quand on ressent son intérêt, on ressent l’envie de s’investir. Quand tu te questionnes sur ton rang, tu te questionnes aussi sur le sien.

Il y a aussi cet homme, qui revient sur ton profil chaque semaine, chaque jour, plusieurs fois par jour. Il ne t’écrit pas, mais il est toujours là. Comme un fan. Pas comme celui qui met ton poster dans sa chambre. Plutôt celui du plafond de salon. Il vibre, tourne, mais y’a pas un maudit coup de vent qui passe. Comme une plie de fonds. Ça traîne sans grands buts. Suis-je hors de portée? Suis-je un moindre mal devant l’absence de choix? Suis-je un plan B? Pas assez? Trop? Une « en attendant »?

Je veux dire, le lèche-vitrine c’est agréable, divertissant et réconfortant en quelque sorte. Sauf que… quand je convoite LA robe, je la fourre dans mon sac à mains et j’lui fais une place privilégiée dans ma penderie. Si je repasse sans cesse devant, c’est qu’elle est hors de prix. Si je rampe dans la boutique voisine, c’est que je suis mal prise. Alors bordel, fixe-toi un objectif et fonce ou cesse de revenir laisser ton gras de front sur le verre!

CARPE DIEM MAN! Carpe Diem.

Le ploutocrate

Il avait un sourire incroyable. Sympathique comme 10 à l’écrit. Il n’était pas bavard, mais articulé et sensé. Était, c’est une conjugaison à l’imparfait. Comme dans « c’était avant qu’il ne s’exprime verbalement »… Je gagne dans les six chiffres. Ah oui? Oh oui. J’ai un bon rythme de vie et je voyage souvent. Mon rythme de vie aussi est bon. Il est doux. [Une heure de phrases similaires passa.] J’ai rencontré une femme là. T’aurais dû voir sa baraque. Les objets de sa maison, c’était complètement fou. Awe… j’pas tant attirée vers l’argent. Moi non plus! J’suis pas à l’argent. J’aime pas ça tant que ça en fait. [Une autre heure de JE et de finances passa.] Je lui avais offert le gîte pour la nuit, il était de passage en région. À son réveil, la galère. Tsé la femme-là, la veuve. Écoute son yacht était bâti presque sur mesure! La grosse affaire-là! Sur l’eau en avant de sa maison. Les histoires d’argent me turn off solide. Ah! Ben moi aussi! Ce matin-là, j’ai prié les dieux, peu importe lesquels, qu’il ne soit pas un gars de café.

Sans compter celui qui énumère les items de sa maison durant la visite en nommant le prix de chacun ou celui qui aime répéter à outrance qu’il ne manque pas d’argent. Écoute, ma porte d’auto n’ouvrirait plus que je passerais par la valise quelques semaines avant de prendre un rendez-vous pour la réparer. Le contenu de mon tiroir d’ustensiles est déséquilibré. J’ai des trous dans mes bobettes. No stress. Je continue de pouvoir m’habiller et manger. Je ne veux pas de tasse dorée, mais juste boire le maudit café frette dedans. Elle bois-tu comme du monde la tasse? C’est juste ça que j’ai besoin. Le trépied en marbre pour déposer ma tasse est de trop!

Une femme qui s’intéresse à vos avoirs, c’est que son besoin sentimental est biaisé. Mettez donc de l’avant vos talents culinaires, vos valeurs, votre sens de l’humour! C’est ça qui va traîner dans la cuisine, sur le divan et au lit! Une personne avec une personnalité personnelle! Vous êtes beaucoup plus qu’un porte-feuilles, il ne suffit que de cesser de l’ouvrir et d’accorder un brin d’importance à la personne qui se tape tout ce discours financier!

Harpagon et Cendrillon est un match impossible.

La noyade du Flirt

Le flirt. Ces petits gestes qui séduisent, attirent, sans sentiments, juste de la douce séduction. N’y a-t-il rien de plus agréable que de flirter ou d’être la « flirtée »? C’est stimulant, bon pour l’estime (même si on est en couple!), c’est la nourriture des papillons. C’est la première étape d’une relation entre deux personnes. En fait, c’était la première étape. Aujourd’hui, on a Tinder. On se fait flirter à grands coups de 9 fautes en 3 mots. Aussi bien oublier la partie de Scrabble tout de suite. Pis pense pas au clin d’oeil ou au sourire en coin d’un coin de bar à l’autre. Ces petits jeux de séduction s’effritent. ll se textent maintenant. Peut-être suis-je restée prise dans une marre de boue des vieilles années et que je refuse d’en sortir, mais je refuse de croire que le flirt n’existe plus. Dire que dans le temps, on s’écrivait sur papier. L’effort et la réflexion y étaient. L’originalité. L’attente éternelle de la réponse ou du prochain regard à l’insu des autres. Ces petits sourires gênés ou plein d’audace! Il manque un petit quelque chose à la séduction d’aujourd’hui. Elle est vide, monotone, incomprise. Le flirt est mort en même temps que le rock.

Des bobettes qui matchent

Quoi ajouter de plus? Depuis le jour 1, je me suis demandée comment j’allais reprendre le chemin de la séduction, alors que j’ai troqué mes Nine West pour des Crocs pis du linge mou. Une partie de moi espère encore le romantisme des vieilles années, alors que le romantique d’aujourd’hui m’a toujours déplu. Je ne sais pas ce que je veux, mais je sais ce que je ne veux plus. Mon corps a pris de l’âge, des kilos, des bobos, etc. La confiance n’était pas au rendez-vous lors de la première date. Une première date… Quessé qu’on raconte à un homme alors qu’on sort à peine des couches et des cernes? J’étais heureuse que nous fussions plus intéressés par le vin que par le contenu de la discussion.

La Saint-Valentin se pointe, une amie m’invite à une soirée de femmes célibataires… Ça et des montagnes russes en bois, c’était pareil. La mienne était dans le fond d’une boîte entre les LEGO et les pads d’allaitement. C’est ce soir-là que j’ai appris que les sous-vêtements doivent matcher. What? Au même moment, je ressentais la honte d’avoir des culottes non coordonnées. Come on, le plaisir de s’habiller n’importe comment sous nos vêtements venait de débouler les marches. Fallait que je me rende à l’évidence que la séduction et les bobettes ternes n’allaient pas de pair!

– La Trentenaire en retard