Sécheresse

De ton odeur, tu m’as cueilli
De ta lourdeur, je m’affadis
De ton égocentrisme, tu m’as broyé
De tantrisme, je me suis noyée
De l’intérieur, tu me meurtris
De l’extérieur, je me flétris
De ton univers, tu m’assèches
De justicière, je deviens rêche
De ta présence, j’ai convoité
De ton absence, je me suis envolée
De sagesse, je me suis permise
De délicatesse, je t’ai privé

Vieillir ensemble

L’idéal se dessine toujours même s’il ne se définit pas avec autant de clarté. L’idée de vieillir à ses côtés est douce. Une petite routine qui perd de la vigueur, mais une complicité qui n’a rien à envier à personne.

Le désir que nos odeurs s’imprègnent et s’échangent à la vitesse des mouvements qui s’épuisent et prennent de la lenteur. L’idée de sentir ton souffle qui s’essouffle dans mon cou m’enivre. J’ai envie que nos rides réagissent en même temps. Que notre plaisir s’épanouisse et évolue.

Ta chaise près de la mienne, un grincement agaçant, mais réconfortant. Le cliché ridé. Que notre amour devienne un firmament.

Vieillir près de toi.

Trip à trois horrible

La fois où, en sirotant un p’tit café froid, je me suis fait offrir un trip à trois d’Halloween déguisés ou sous forme de « role play ». Comment te dire ça bonhomme, l’idée de m’envoyer Batman ou Yugi-ho! ne m’a jamais traversé l’esprit. Ni même un faux médecin ou un policier fake. Même si mon imagination est sans limites, faire semblant, trop peu pour moi. Deviens Batman et on en rediscutera! Ou si jamais ton masque est en cuir, ce sera une autre histoire..!

La logique d’Astro

Ce cher Astro a toujours le mot juste. Tantôt pleine d’espoir, tantôt au bout de mes peines. Amour, 4 étoiles. Ma jauge d’amour serait à son apogée. L’amour de quoi Astro? J’aimerais bien le savoir. Mon amour est débinée, mon célibat sent les métaux lourds. J’aurais moins mal en sortant de chez le dentiste qu’en lisant ta chronique. Les taureaux l’ont toujours emmerdante, mais les capricornes sont toujours stables, ni trop d’amour, ni trop de mauvaises surprises. Les cancers sont des émotifs finis, des bipolaires sentimentaux. Des gens dont la chronique est déstabilisante, voire inutile. On aimerait y croire, mais on aimerait surtout qu’elle dise vraie. Nébuleuse ironie.

J’aimerais des conseils. Ces gens amoureux au café ou du moins qui partagent leur solitude à deux sont plus doux à regarder que le froid du banc près de moi. Mon café est froid. J’aspire à une petite lueur de chaleur, un café plus chaud. Un petit refis offert ou une bonne vide écrite. Elle est où cette petite phrase épaisse, mais douce? Cette petite note digne d’un Harlequin nouveau genre? La chronicité de l’espoir est repoussante. Peut-être explique-t-elle l’envie de flirter? Je crois à cet amour digne d’un téléroman, avec les rides et les cernes du matin au lieu de la mise en pli et l’haleine à la menthe poivrée.

Les petites notes floues ont ce petit quelque chose qui fait en sorte que nous pouvons nous imaginer un peu de tout. Interpréter selon nos envies ou ce que nous voudrions entendre. On ne lit pas une chronique pour connaître l’avenir, mais pour soutenir un brin nos pensées actuelles. J’ai toujours considéré l’astrologie comme une petite intervention à deux cents. Celle qui fait du bien. Celle qui ne veut rien dire, mais qui nous remonte un brin la mine un matin de bille sèche.

Refaire le monde, c’est aussi reprendre le contrôle sur ce qui nous importe. 
« Un nouveau jour se lève. Ne laissez pas l’arrivée d’une saison hâtive vous imposer quelques grimaces. Changer vos perceptions et permettez à l’entourage de goûter la saveur des petits bonheurs. Vivez le moment présent. Chiffres chanceux: ceux qui auront une signification aujourd’hui. »

L’odeur d’un homme

Celle qui parfume ta main quand elle se dépose sur mon visage. Celle qui me fait frissonner quand tu te penches pour m’embrasser. Celle qui me fait sentir petite, parce que je suis enveloppée par elle. Celle qui caresse ma peau chaque fois que nos corps s’entrelacent. Celle qui me propulse dans un état second quand je ramasse ta chemise oubliée. Celle qui se prélasse sur mon visage et que je traîne à faire disparaître. Celle qui m’enivre toute la journée jusqu’à ton retour. Celle qui me fait regretter de ne pas porter de petite culotte.  Celle qui crée une dépendance. Celle qui me fait sentir tienne. La tienne. Ton odeur. Mon odeur. 

Notre odeur.

Comme une fraîcheur d’automne

Si peu d’attentes vu les déceptions accumulées. Si peu de déceptions à chacune de nos interactions. J’hésite entre l’effet de surprise ou le lâcher-prise. La douceur et l’intensité. Je flirte plus souvent en dehors de ma zone de confort quand je suis dans la tienne que j’en perds un peu le fil. Le temps s’est arrêté un peu. Juste assez pour que je me retrouve noyée dans la pleine conscience. Bien que certaines choses suscitaient ma curiosité, je me suis laissée bercer par ton odeur et le reste m’apparaissait comme superflu. Si c’est cela que de vivre le moment présent, j’ai envie de t’inviter à prendre un autre café.

L’homme élastique

Juste au moment où je te recycle, tu t’étires au maximum pour que je te garde dans un tiroir. Pour que je reconnaisse ton utilité et ta juste valeur. Tu ne veux pas perdre ta petite place entre la brocheuse et le stylo à bille bleue. Sauf que la seule chose que j’ai remarqué, c’est à quel point ta couleur s’affadit plus tu étires ton besoin à sens unique. Delete.

Jon Snow peut se rhabiller

Il m’avait fait faux bond à deux reprises. Il continuait cependant d’entretenir quelque chose que je n’entretenais plus, mais qui me ramollissait les jambes à tous les coups. Le p’tit ding ne retentissait pas que sur le portable, mais dans ma petite culotte aussi. Il avait tout ce qui ne m’attirait pas chez les autres, mais il avait tout ce qu’ils n’avaient pas. Il était différent. Quand le téléphone a vibré cette nuit-là, je savais que l’homme du nord n’était pas loin.

Petites heures du matin, il arrive. J’ai peine à croire que le 3e lapin ne sera pas de la partie, mais non. Il me décrit son arrivée, ses pas, ma porte. Un téléroman vivant. Quand j’ai aperçu ce colosse dans mon entrée, la mienne s’est humidifiée d’un coup. J’ai frémi à l’écoute de sa voix. Quelques mots à peine échangés. Ses lèvres étaient douces. Sa barbe rousse et masculine glissait sur mon visage. Ce fût la première fois qu’un homme prenait le temps de me dévêtir complètement avec douceur, assurance et séduction. Je peux encore sentir son odeur sur moi, ses mains glissées sur mon corps.

Quand j’ai perdu équilibre, il m’a rattrapé avec force. Avec force. L’orgasme était là, imaginaire, mais puissant. La force de ses bras. Je replonge dans mes souvenirs et j’en ai des frissons. Sa manière de pétrir mes fesses, de tirer mes cheveux avec douceur et fermeté ou sa maîtrise de la fessée. Un homme qui ne semblait pas confiant, mais qui connaissait ses forces. 

La masculinité, c’est l’assurance, la confiance, le p’tit côté « homme des bois » avec un p’tit peu de sucre et de sauce piquante. Un tout. 

Laisse-moi t’expliquer

Les petites formalités passées, le coup de grâce a été donné. Nous ne sommes pas à la même place. Une argumentation sans fin, une bonne volonté, tu as tout donné, mais laisse-moi t’expliquer quelque chose. Une génération nous sépare, mais tu refuses de voir ou de comprendre tout ce qui peut nous séparer. Pendant que tu t’imaginais que je t’attaquais sur ta maturité, je visais plutôt l’expérience de vie, les valeurs et quelque part dans les priorités, ta maturité, mais affective.

Ce n’est pas une petite année ou deux qui nous séparent, mais presque 10. Pendant que tu vis ta vieille vingtaine ou ta jeune trentaine, j’atteints la moitié de ma vie. Les quarante premières m’ont permises de vivre des échecs, de me relever, de finaliser ma famille et d’avoir un plan de carrière. Cette pause de relation conjugale m’a permise de me redéfinir, de revoir toutes les parcelles d’une moitié de vie avant d’entamer l’autre moitié. J’ai fait le tri dans mes valeurs et j’ai entrepris de jaser avec mon Compostelle viscéral. J’ai un cheminement que tu ne vivras pas avant un moment qui ne peut pas se vivre au tiers d’une vie. Certes, tu as des enfants, une maison et une job depuis 10 ans, mais je suis ailleurs. Un ailleurs qui possède les mêmes choses que toi, mais qui a clos le sujet des enfants, qui ne sait pas si elle veut revivre dans une maison, qui a développé une nouvelle conception de la vie à deux pour son autre moitié de vie. 

« On est pas à la même place. » C’est de cette place-là que je te parle. Une place qui se décrit difficilement avec des mots et qui s’explique mal dans un schéma. J’suis une femme près de la quarantaine, je suis saine et honnête envers mes sentiments. Je les vis, j’apprends à les comprendre et à les remettre en question. Quand je te donne une chance de me prouver que j’ai tord et que tu me joues la carte des émotions, de la manipulation, de la victimisation, je ne te vois pas venir, mais je te sens. L’immaturité affective a une odeur. L’odeur que je ne préfère pas avoir dans ma vie. Je n’ai pas envie de m’expliquer ni de t’expliquer, j’ai envie que tu sois rendu à la même place. J’ai envie que tu comprennes pourquoi tu agis comme ça, pourquoi quand t’essaies de me soutirer des réactions, je préfère rouler des yeux et annuler le café en soirée. Je ne suis plus là. Je te l’accorde, des hommes de la cinquantaine peuvent aussi l’être, mais ceux-là non plus ne seront pas considérés. Je suis forte, indépendante et ailleurs.

Cette place-là, tu la trouveras quand tu seras à la même place que moi et que tu réaliseras que certaines femmes ne sont pas à la même place que toi. Sans rancunes!

Flirt au vent ou dans l’pré

C’était un matin pluvieux, l’humeur dans le tiroir à légumes, entre les navets et les cornichons, c’était le moment idéal pour procrastiner tout ce qui pouvait m’emmerder dans une journée. Il l’avait senti. Ce matin là, il m’offrit son menu quotidien: « trayage », labourage et épandage de graines. Mascara en mains, je n’ai pas fait ni un ni deux et je suis partie à l’aventure… Après une année à discuter de tout et rien, nous allions nourrir du bétail à deux. Il y en a eu des rencontres originales, mais celle-ci dépassais toutes mes attentes. C’était doux. Il était doux. Son petit sourire était agréable. J’avais cinq ans dans ma tête à parler aux vaches et lui, dans toute sa douceur, il observait en douce.

Léchée comme jamais je ne l’ai été. À coups de grande langue baveuse, j’ai appris les rudiments de l’agriculture. Les multiples odeurs échangées étaient quelque peu originales, mais douces. Parfois fortes, mais pas assez pour oublier son sourire et sa générosité. Retardé dans ses tâches quotidiennes, il était là, présent et répondant aux milles et une questions d’une femme qui passe plus de temps en talons hauts qu’en bottes à foin. 

Il y a de ces rencontres qui semblent parfois être hors de notre zone de confort, mais qui amènent beaucoup plus qu’une simple connaissance. C’est avec un sentiment de douceur que j’en suis revenue. De petits messages quotidiens, pas de dickpic (une farmpic seulement!) et que de la bonne humeur. La vie mets parfois des gens sur notre chemin qui arrivent juste au bon moment pour raviver un petit quelque chose. Si je n’étais pas citadine, il aurait tout pour me leurrer à la ferme!